Revving, des plateaux de tournage au Power 100
Rédigé par Richard Towey le 6 minutes de lecture
Chris Pettit nous parle de Revving, l'entreprise qu'il a cofondée pour aider les partenaires éditeurs à être payés plus rapidement.

Les fondateurs de Revving ne sont pas issus du milieu de l'affiliation. Chris Pettit est juriste de formation et spécialiste du financement structuré. Il a passé une grande partie de sa carrière dans les médias et le divertissement avant de créer un nouveau lien entre créativité et capital.
Pour celles et ceux qui ne le savent pas, les éditeurs peuvent suivre leurs commissions en temps réel, mais doivent attendre des mois avant d'être concrètement rémunérés. Il n'a pas fallu longtemps pour que Chris et son cofondateur, David Mandeno, entendent parler de la longueur de ces circuits de paiement.
Les deux associés ont compris que les données de transaction, particulièrement visibles et trackées par les éditeurs, pourraient leur permettre d'accélérer les délais de paiement. Cela a abouti au modèle de financement basé sur les transactions de Revving, conçu pour permettre aux éditeurs d'être rémunérés le plus rapidement possible.
Revving fait désormais partie de l' Awin Power 100 : une sélection des 100 partenaires les plus innovants de la plateforme Awin.
Nous avons rencontré Chris lors du ThinkTank Americas 2026 pour parler du décalage temporel entre la génération des commissions et leur paiement, de l'expansion de Revving aux États-Unis et des étapes à suivre.
Chris, félicitations pour votre entrée au Power 100. Parlez-nous de Revving et de sa création.
J'ai une formation d'avocat et de spécialiste en financement structuré, mais j'ai passé la majeure partie de ma carrière dans le secteur des médias et du divertissement, où je faisais le lien entre les aspects créatifs et financiers. Mon cofondateur David et moi avons travaillé ensemble pendant des années avant créer Revving, principalement dans les domaines des jeux sur mobile, du cinéma et de la télévision.
Quand nous nous sommes intéressés au monde de l'affiliation, nous avons découvert un secteur où les circuits de paiement étaient extrêmement longs et complexes. Les personnes concernées devaient attendaient bien trop longtemps avant d'être payées, alors qu'elles pouvaient visualiser instantanément leurs commissions.
Cette visibilité ne fait que rendre l'attente encore plus frustrante. Ces personnes peuvent voir les commissions qu'ils vont toucher, mais doivent attendre des mois avant de les recevoir…
Nous nous sommes dit que si nous parvenions à exploiter ce jeu de données, nous pourrions nous en servir pour lever des fonds. C'est comme ça que Revving a vu le jour, et c'est ainsi que nous avons mis au point le financement basé sur les transactions : un moyen de garantir que les éditeurs et nos clients soient payés le plus rapidement possible.
Vous avez évoqué le fait que c'est l'un des plus grands défis du secteur Pensez-vous qu'il est sous-estimé ?
Je pense que vous avez vu juste. Les gens finissent par s'habituer à l'inconfort. Si l'attente avant paiement est présentée comme la norme, la plupart des personnes ne vont pas penser à s'y opposer, ni à la remettre en question.
Ce qu'Awin, l'APMA [Affiliate and Partner Marketing Association] et, je l'espère, Revving, ont bien fait, à mon avis, c'est de mettre cette question au premier plan en tant qu'initiative concrète devant être prise en compte.
Le principe est simple : en assurant une circulation rapide des fonds, on renforce la fidélité entre les marques et les éditeurs. Cette fidélité encourage les réinvestissements, qui améliorent à leur tour les performances du programmes, et tout le monde y gagne.
Ce problème, qui touche l'ensemble du secteur, n'est apparu au grand jour qu'au cours des 18-24 derniers mois, et je suis fier d'avoir été l'un de ses plus fervents défenseurs de cette cause. Notre collaboration avec l'APMA, et plus particulièrement avec Julia [Stent, conseillère de l'APMA], nous a permis de faire passer ce message.
C’est un problème qui affecte tout le monde. Quelle que soit sa taille, chaque éditeur rencontre le même problème.
Awin en a pris conscience et s'efforce d'y remédier depuis des années. Désormais, en s'appuyant sur de solides moyens financiers, c'est beaucoup plus facile à changer.
Y a-t-il un exemple qui vous vient souvent à l'esprit ? Par exemple, un éditeur qui a vraiment bénéficié de cette liberté financière ?
Genie Shopping en est un excellent exemple. Ils sont venus nous voir très tôt et ont compris l'intérêt de Revving pour réduire le décalage entre le délai de paiement de leurs commissions et la vitesse à laquelle ils devaient réinvestir pour faire fonctionner leur modèle CSS [comparateur de prix].
Ils paient Google dans un délai d'environ 30 jours, mais attendent trois à quatre mois avant de recevoir leur propre argent. Ils se retrouvent donc pris entre deux feux, alors même qu'ils ont besoin de capitaux pour augmenter leurs dépenses médias et développer leur activité.
L'équipe de Genie est venue nous voir et nous lui avons fourni des liquidités supplémentaires, qu'elle a pu réinvestir. Nous avons ainsi pu les aider à développer considérablement cette partie de leur activité. C'est un exemple flagrant du décalage entre les recettes et les dépenses.
Nous aidons des entreprises de toutes les tailles. Pour nos plus petits clients, il s'agit de financements d'environ 20 000 $ par mois, tandis qu'on parle de plusieurs millions pour nos plus grands clients. Ce que j'apprécie tout particulièrement, c'est le fait d'avoir démocratisé l'accès à ces capitaux.
Peu importe qui vous êtes : si vous êtes un petit acteur du secteur et que vous pouvez accéder à ce capital, alors vous pouvez rivaliser avec n'importe qui.
Vous étiez à Chicago cette semaine. Comment se déroule votre expansion aux États-Unis ?
Nous avons lancé Revving aux États-Unis au 4e trimestre de l'année dernière et nous avons observé des réactions très positives à l'égard de ce que notre entreprise essaie de faire.
Le marché américain affiche un optimisme naturel auquel il est agréable de contribuer. Les acteurs de ce marché cernent manifestement le problème et comprennent comment Revving peut soutenir leurs activités.
Sans vouloir dénigrer le Royaume-Uni, je pense que nous pourrions nous inspirer des États-Unis. Si vous parvenez à accéder à des capitaux, à les réinvestir dans votre entreprise, à la développer et à obtenir l'adhésion de votre direction, cela contribuera dans une certaine mesure à atténuer l'incertitude économique générale. Ici, l'état d'esprit est vraiment positif, et c'est quelque chose que j'adore.
Quelle est l'idée qui vous enthousiasme le plus en ce moment ?
Nous croyons beaucoup à l'économie des créateurs. Nous venons de nous associer à plusieurs grands réseaux de créateurs aux États-Unis, qui font office d'intermédiaire entre les grandes marques et un grand nombre de créateurs.
Cette économie des créateurs voit d'énormes budgets médias affluer dans sa direction. Mais ces créateurs attendent souvent 60, 90, voire 120 jours avant d'être payés pour des contenus qui génèrent déjà un retour pour la marque, mais dont les retombées financières ne sont pas répercutées assez rapidement en aval de la chaîne.
Pour un entrepreneur individuel ou un créateur indépendant, cet argent est vital. Nous sommes ravis de voir l'économie des créateurs prospérer et de pouvoir soutenir les plateformes qui font office d'intermédiaire entre les marques et les créateurs.
Notre objectif principal consiste à aider davantage de personnes (et pas seulement des entreprises) à accéder à ces liquidités, afin qu'elles puissent les réinvestir dans leur propre développement et payer leurs factures chaque mois.
Nouez un partenariat avec Revving ou parcourez le classement Power 100 pour découvrir des influenceurs, des partenaires technologiques, des sites de code promo et bien plus encore.